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EN SAVOIR PLUS

APPIA, La gare, huile sur toile, 1969
SNCF et RFF
Réseau Ferré de France (RFF)
est un Etablissement public industriel et commercial créé en 1997 dans
l'esprit des directives européennes préconisant la séparation des deux
fonctions "opérateur ferroviaire" d'une part (qu'est la SNCF), "propriétaire
et gestionnaire des infrastructures ferroviaires" d'autre part, fonction
dévolue à RFF.
Cette séparation vise à
une gestion transparente
et non discriminatoire du réseau : l’attribution des "sillons" entre
différents opérateurs, français ou européens, est exercée par le
gestionnaire d'infrastructures ; celui-ci doit établir un "document de
référence" accessible à tous les opérateurs, décrivant le réseau et
précisant ses conditions d’accès.
Les missions de RFF
:
- Exploiter et entretenir le réseau
ferré en tant que maître d'ouvrage. Dans les faits, il confie à la SNCF,
maître d'oeuvre qu'il rémunère pour cela, la gestion du trafic ainsi que le
fonctionnement et l’entretien du réseau. L’organisation des circulations
ferroviaires, c’est-à-dire la répartition des capacités, relève de la
responsabilité de RFF.
- Aménager et développer le réseau. RFF est responsable de
la conception, de la programmation, du financement et de la réalisation des
investissements sur le réseau ferré national (maintenance lourde,
amélioration du réseau existant, construction de lignes nouvelles). Il
aménage et développe le réseau ferroviaire dans une double perspective :
celle du service public de transport et celle du développement durable.
-
Gérer le patrimoine. RFF est propriétaire de la majeure
partie du patrimoine ferroviaire, soit près de 110 000 hectares de terrains.
Acteur du développement local, il accompagne les collectivités dans la
définition de leurs projets et dans le choix des opérateurs.
- Gérer la dette. RFF a hérité d'une dette de la SNCF de 24 milliards
d’euros. Afin d’assurer le service de cette dette
et le financement de ses investissements, il doit recourir à des emprunts.
Détails
:
www.rff.fr |
La SNCF
et les lois du hasard
Au moment de prendre sa retraite,
un homme d'affaires qui avait créé deux succursales de vente dont il était
resté actionnaire inventa un moyen efficace et peu contraignant de continuer à
contrôler le travail du personnel. Comme les deux succursales étaient
desservies par une même ligne de chemin de fer avec un train toutes les
vingt minutes, il acheta une maison près d'une gare de la ligne à mi-chemin des deux établissements. Chaque jour, à un moment tiré au
sort il se rendait à la gare en question, prenait le premier train qui
passait dans un sens ou dans l'autre et allait visiter l'établissement
desservi dans cette direction.
Avantages escomptés : on
maintenait la pression auprès du personnel qui pouvait vous voir surgir à
tout moment, ceci en perdant le moins de temps possible et en se laissant
guider par le hasard, lequel était sensé en
moyenne faire la part égale aux deux succursales.
Hélas, au bout d'un certain temps
il dut se rendre à l'évidence : dans 9
cas sur 10 en moyenne, le premier train qui passait allait dans la direction de
l'établissement A, l'autre établissement ne recueillant ainsi qu'une visite
sur 10 ! L'homme d'affaires écrivit à la SNCF pour signaler l'anomalie et
réclamer un dédommagement.
La réponse de la SNCF fut que la
ligne fonctionnait normalement, avec une règle qui était la suivante : les
trains allant dans la direction A passaient toutes les heures plus 0, 20, 40
minutes (par exemple 12h00, 12h20, 12h40, 13h00...), les trains dans la
direction B toutes les heures plus 02, 22, 42 minutes (par exemple 12h02,
12h22, 12h42, 13h02...). Ainsi, la probabilité de tomber dans un intervalle
horaire où le prochain train allait dans la direction A était de 18/20 =
9/10, celle de tomber dans un intervalle où le prochain train allait vers B
de 2/20 = 1/10 !
Notre homme d'affaires avait fait
un raisonnement probabiliste fondé sur un hasard qui existait dans sa
tête. Dans la réalité, une règle venait fausser ce hasard.
Des commentateurs franciliens nous ont fait
remarquer qu'il avait eu la malchance de
tomber sur une bonne ligne, étant donné que dans un certain nombre de cas
on avait
affaire, selon eux, à un fonctionnement ayant un rapport très élastique avec
les horaires affichés, pour ne pas dire aléatoire. Sa méthode basée sur le hasard aurait ainsi
beaucoup mieux fonctionné s'il avait eu à utiliser des lignes
comme le RER C ou Paris Nord - Valmondois...
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